Etude – Université Catholique de Louvain

 

L’étude de l’université Catholique de Louvain (Belgique)

 

Le 15 juin 2008, vingt experts scientifiques ont lancé un appel pour alerter sur les précautions à prendre concernant l’utilisation des mobiles. En réponse, l’Académie de médecine française a dénoncé un alarmisme inutile. La guerre des spécialistes est loin d’être terminée :

Une nouvelle étude a en effet « jeté de l’huile sur le feu ».

 

Etude

Le taux de mortalité de trois groupes de rats soumis pendant 18 mois à trois niveaux d’expositions électromagnétiques utilisées dans les technologies mobiles s’est élevé à 60%, contre 29% dans un groupe de rats « épargnés », selon l’étude belge. Elle  constitue la thèse de doctorat en sciences appliquées défendue à l’UCL par Dirk Adang. Ce résultat peut être qualifié « d’inquiétant », car le rat partage 90% de son patrimoine génétique avec l’homme.

Les causes de cette surmortalité chez le rat restent cependant encore à établir formellement, car seuls 19 des 124 rats de laboratoire ont jusqu’ici été autopsiés. Cependant, Dirk Adang avance l’hypothèse d’un dérèglement du système immunitaire des rats, pourtant soumis à des ondes aux taux « conformes aux standards internationaux en vigueur ». Ce dérèglement se traduit par « une augmentation des monocytes (globules blancs actifs dans l’élimination des particules étrangères) ».
Ces découvertes montrent un stress dans la formation du système sanguin après une exposition à faible dose, à long terme, de micro-ondes. C’est comme si l’organisme réagissait à une agression étrangère ou à une intrusion. Des études complémentaires seront nécessaires pour établir si l’exposition aux micro-ondes a engendré un vieillissement prématuré des rats.

Ces travaux sont publiés alors qu’une vingtaine de scientifiques et de cancérologues ont lancé le 15 juin à Paris un appel en faveur de mesures de précaution dans l’utilisation des téléphones portables, en l’absence de conclusions scientifiques définitives sur leur éventuelle dangerosité pour la santé. L’Académie de médecine française avait alors estimé qu’inquiéter l’opinion sans se fonder sur des faits relève de la démagogie.

 

A ce jour, la nocivité des rayonnements électromagnétiques n’est pas scientifiquement prouvée. Roselyne Bachelot, qui soutenait fin 2007 qu’aucun fait scientifique ne prouvait la dangerosité des téléphones mobiles, a entre-temps modéré ses propos. Elle a conseillé à présent, dans un entretien au journal Le Parisien daté du 2 juillet 2008, « une utilisation raisonnée impérative » des portables, en particulier chez les jeunes enfants. L’ancienne ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports rappelle cependant qu’on est « encore dans l’ignorance de l’effet des ondes électromagnétiques sur les corps en formation des jeunes enfants ».

Mme Bachelot préconise aux parents d’éviter l’achat de portables pour les enfants avant leur entrée au collège.

 

En Suède, la sensibilité aux ondes est reconnue comme une maladie : nausées, céphalées, parfois même des brûlures de la peau. Certains « électrosensibles » vont jusqu’à se cloîtrer chez eux pour éviter les champs magnétiques. L’épidémie s’étend maintenant à la France. Sous la pression de riverains qui se disent atteints d’ « hypersensibilité électromagnétique », la Mairie de Paris s’est vue obligée de supprimer le WiFi dans plusieurs bibliothèques de la capitale. L’association française Robin des Toits a par ailleurs annoncé la création d’un « réseau HSEM » (pour hypersensibilité électromagnétique) qui militera pour la reconnaissance de cette affection. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) nie pourtant tout lien entre ces troubles et les ondes électromagnétiques. Pour l’instant.

 

Quoi qu’il en soit, les ondes électromagnétiques ont déjà leurs phobiques. Certaines entreprises n’ont pas tardé à surfer sur la méfiance des gens pour vendre des produits anti-ondes, comme l’a montré la polémique sur la crème de la marque Clarins. Cependant, des nombreuses études également clament que l’efficacité de ces produits n’a pas encore été démontrée.
D’où un appel à un usage raisonnable du téléphone portable, tant de la part des autorités sanitaires que des chercheurs.

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