Etude – L’AFSSET (2)

 

Au-dessus de 400 Mhz :

Cette bande de fréquences concerne notamment les usages associés à la téléphonie mobile. 226 études anglophones ont été examinées dans le détail par les experts de l’AFSSET sur la base d’une grille d’analyse standardisée.

Selon l’AFSSET, de nombreuses études sont parues aux cours de ces dernières années. Cependant, une proportion importante de ces études analysées présente des lacunes méthodologiques, le plus souvent dans la partie physique (évaluation de l’exposition), mais aussi, parfois, dans la partie biologie.

 

Avec tous les moyens technologiques dont nous disposons de nos jours, la plupart des études ne sont pas conformes. On en vient donc à se demander si l’AFSSET nous cache certaines informations ou si elle prend des précautions sur ses propos pour ne pas affoler la population. Les études sont-elles dites non-conformes pour ne pas exposer les réels risques des ondes électromagnétiques ?

D’après les analyses systématiques qui ont été faites dans le cadre de cette expertise, il apparaît que : sur les 182 études qui ont été réalisées in vivo sur l’animal, et in vitro, 82 études trouvent des effets biologiques des radiofréquences et 100 n’en montrent pas.

Ce résultat porte donc à confusion pour la preuve que les ondes magnétiques ont réellement un effet sur l’homme.

 

Détail de ces études :

Parmi les 82 études trouvant des effets, seules 37, soit environ 45 %, ont une dosimétrie répondant aux critères fixés par le groupe d’experts. Parmi celles-ci (ces 37 études), seules 9 présentent une méthodologie adéquate pour la partie biologique. Par conséquent, seulement 11 % des études qui montrent des effets ont une méthodologie répondant aux critères fixés par le groupe d’experts à la fois pour les parties physique et biologique. Ces effets concernent principalement des fonctions cellulaires observées in vitro (apoptose, endocytose, potentialisation du stress oxydatif, etc.)è Voir termes techniques

De l’autre côté, parmi les 100 études ne trouvant pas d’effets, seules 87 ont une dosimétrie répondant aux critères fixés par le groupe d’experts. Parmi ces 87 études, 69 présentent une méthodologie adéquate pour la partie biologique. Par conséquent, il y a 69 % des études qui ne montrent pas d’effets et qui ont une méthodologie répondant aux critères fixés par le groupe d’experts, à la fois pour les parties physique et biologique.

 

Il y a 44 études qui ont été réalisées sur l’homme. 20 montrent des effets et 24 n’en montrent pas. Parmi les 20 études montrant des effets, 2 équipes ont suivi des méthodologies répondant aux critères fixés par le groupe d’experts. Cependant, ces effets concernent le débit sanguin cérébral, ce qui n’est pas ce qu’on cherche.

Parmi les 24 études ne trouvant pas d’effet, 17 présentent une méthodologie répondant aux critères fixés par le groupe d’experts.

 

Sur la globalité des études, il y a plus d’études conformes ne montrant pas d’effets que d’études montrant des effets.

En pensant naïvement, on pourrait se laisser convaincre que les ondes n’ont pas d’effet sur l’homme. Cependant, rien n’a encore été scientifiquement prouvé, car certaines études ont tout de même trouvé de probables effets. La vigilance ne doit donc pas être abandonnée.

 

Les conclusions relatives aux effets biologiques sont principalement fondées sur les études retenues pour leur validité méthodologique. L ’AFSSET a également pris en compte l’existence ou non de réplications qui constitue un des critères important pour déterminer le niveau de preuve de l’existence d’un effet.

Le nombre important des travaux présentant des lacunes méthodologiques s’explique par le fait que les expériences visant à rechercher les effets des radiofréquences sont justement construites de manière à mettre en évidence des effets faibles et s’appuient donc sur des variations de systèmes biologiques très sensibles susceptibles d’artefacts.

 

Dans les conditions expérimentales non thermiques testées, il n’existe pas un niveau de preuve suffisant pour conclure que les radiofréquences supérieures à 400 MHz sont nocives. L’AFSSET conclut que les expériences sur les radiofréquences supérieures à 400 MHz ne présentent pas assez de preuves pour dire qu’elles :

  •  modifieraient les grandes fonctions cellulaires telles que l’expression génique; la production de radicaux libres oxygénés (ROS) ; l’apoptose notamment des cellules d’origine cérébrale les plus exposées en cas d’utilisation d’un téléphone mobile ;
  •  seraient un facteur de stress pour les cellules. Les seuls effets de stress observés sont des effets thermiques associés à des niveaux d’exposition élevés ;
  • provoqueraient des effets génotoxiques ou co-génotoxiques reproductibles à cour ou à long terme et seraient mutagènes dans les tests de mutagénèse classiques ;
  • provoqueraient chez l’animal l’augmentation d’incidence ou l’aggravation de cancers, en particulier pour des expositions chroniques.

 

Les résultats convergent donc vers une absence d’effet cancérogène ou co-cancérogène des radiofréquences pour des expositions non thermiques.

 

Mais également, qu’elles ne présentent pas assez de preuves pour dire qu’elles :

  • auraient des effets délétères sur le système nerveux, que ce soit en termes de cognition (mécanismes de la pensée) et de bien-être, en termes d’intégrité de la barrière hémato-encéphalique (barrière physiologique entre la circulation sanguine et le système nerveux) ou en termes de fonctionnement cérébral général ;
  • auraient des effets susceptibles d’affecter le fonctionnement du système immunitaire;
  • auraient un impact sur la reproduction et le développement d’après les études les plus récentes et les mieux paramétrées. Cependant, les résultats ne sont pas homogènes, et plusieurs études devraient être répliquées dans des conditions d’expérimentation fiables, avec notamment des données dosimétriques ;
  • auraient des effets délétères sur le système cochléo-vestibulaire (système auditif) après une  exposition aiguë.
  • perturberaient le système cardio-vasculaire, en particulier la régulation de la pression artérielle et du rythme cardiaque ;
  • auraient un effet délétère sur le système oculaire ;
  • modifieraient le taux de mélatonine (hormone du sommeil) chez l’homme ;

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