L’usage du téléphone portable augmente-t-il le risque de cancer ?

Les ondes -ou radiofréquences- électromagnétiques sont «peut-être cancérigènes» pour l’être humain, conclut le groupe travail réuni par l’OMS et par l’Agence internationale de recherches sur le cancer (IARC) du 24 au 31 mai à Lyon. Une trentaine de scientifiques issus de 14 pays ont passé en revue toutes les publications scientifiques sur les effets de l’exposition de l’humain aux ondes électromagnétiques : radar, microondes, antennes de télécommunication (radio, télévision, téléphonie), Wi-fi, usage des téléphones mobiles et sans fil.

Résultat : les ondes électromagnétiques sont classées dans la catégorie 2B, celle des agents peut-être cancérigènes pour l’homme. La catégorie au-dessus (2A) contient les agents probablement cancérigènes pour l’homme. La différence ne repose pas sur des seuils chiffrés mais sur la qualité des preuves scientifiques, précise l’OMS.

 

Dans le cas du téléphone portable, les preuves d’une augmentation du gliome (tumeur cérébrale) ou du neurinome acoustique (tumeur de l’oreille interne) sont limitées, selon l’OMS, et très insuffisantes pour les autres types de cancers. En clair, il apparait une association entre l’usage du téléphone portable et le gliome ou le neurinome mais la relation de cause à effet n’est pas solidement établie. Pour l’exposition aux ondes dans l’environnement (hors usage personnel d’un téléphone), rien ne permet de conclure, selon l’IARC.

 

En conséquence, le directeur de l’IARC recommande des mesures pragmatiques pour réduire l’exposition directe aux ondes, comme l’utilisation d’un kit main-libre ou la rédaction de textes courts plutôt que le coup de fil. Il appelle de ses vœux la poursuite des recherches.

 

Cette classification intervient un an après la publication de l’étude européenne Interphone, qui n’observait pas d’augmentation du risque de tumeurs du cerveau liée à l’utilisation du téléphone portable pendant 10 ans. Une partie des résultats suggérait un risque accru pour les plus gros utilisateurs mais des biais méthodologiques ont empêché les chercheurs d’en tirer des conclusions définitives sur la relation de cause à effet…

L’utilisateur inquiet pourrait entonner le refrain du célèbre boléro cubain : «tù siempre me respondes quizàs, quizàs, quizàs… » [tu me réponds toujours peut-être, peut-être, peut-être…]… En attendant d’en savoir plus!

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